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Fuerteventura

Si vous recherchez des plages de sable aux Canaries et que vous n’êtes pas particulièrement difficile sur le choix entre le noir profond et le blanc nacré, Fuerteventura est l’endroit idéal. Les amateurs de soleil y sont chez eux, et ils y trouvent invariablement leur compte en vacances, car cette île se trouve pratiquement à la porte de l’Afrique. Il n’est pas rare d’y voir passer un salut chaud en provenance du Sahara tout proche.

Mais “Fuerte” n’est pas non plus plate comme une limande. Pour avoir une vue d’ensemble, il faut se rendre au massif de Betancuria avec le sommet de la Montana Tegú. La vue depuis le Mirador de Morro Velosa est unique. Les longues randonnées sur la plage et, depuis peu, les tours sur de superbes pistes cyclables font fureur à Fuerteventura.

Fuerteventura – la “Reine du soleil

La question est toujours la même : De quoi le vacancier a-t-il besoin pour passer des vacances balnéaires sans souci ? La réponse se trouve sur l’île canarienne de Fuerteventura : la mer bleue, une plage de sable infinie et bien sûr du soleil à profusion ! On dit de “Fuerte” qu’elle est la “maîtresse du Sahara”. Il y a sans doute des raisons à cela, car la deuxième plus grande île de l’archipel se trouve à seulement 95 kilomètres de la côte africaine. De temps en temps, le soleil se cache derrière un voile gris-rougeâtre à Fuerteventura. Les autochtones parlent alors de “calima” et savent que la tempête chaude est un phénomène passager et que le massage à l’aiguille du lendemain appartient au passé. Fuerteventura, c’est trois choses : la steppe, le désert et la plage.

L’esprit réticent d’un philosophe

Cette île n’est certes pas un paradis vert comme tant d’autres de l’archipel au seuil de l’Afrique. Elle se caractérise plutôt par son charme bourru, mais si l’on se promène les yeux ouverts sur la plage, que l’on profite des jolis petits villages ou que l’on emprunte les nouvelles et belles pistes cyclables, on voit cette île d’un tout autre œil que celui du philosophe espagnol Miguel de Unamuno. Vers 1900, celui-ci décrivait Fuerteventura comme “une terre nue, aride, faite de rien d’autre que d’os…”. On sait maintenant que le basque était un esprit rétif et insoumis et qu’à cette époque, le dictateur militaire Primo de Rivera l’avait exilé à Fuerteventura à cause d’un article de journal.

Les ânes et les bœufs peuplaient les rues

Miguel de Unamuno était déjà âgé lorsqu’il a été exilé à Fuerteventura. Il découvrit l’île comme une île déserte, loin de toute civilisation. Seules 7000 personnes y vivaient et la capitale Puerto del Rosario s’appelait alors Puerto de Cabras – le port des chèvres.

Seuls les ânes, les bœufs, les mules et les dromadaires peuplaient les rues, qui n’étaient sinon empruntées que par les porteurs d’eau qui approvisionnaient les maisons de la petite localité en eau fraîche à partir de la fontaine. Au pied de la Montana Quemada, on a érigé un monument à Unamuno. Aujourd’hui, la plupart des touristes passent négligemment devant cette statue étroite. Unamuno a d’ailleurs réussi à s’échapper et a passé les dernières années de sa vie en exil à Paris.

Sur le dos d’un dromadaire à travers la plage

Le “port de chèvres” d’autrefois est devenu au 20e siècle un haut lieu touristique animé – mais les dromadaires sont toujours présents à Fuerteventura. Ils étaient autrefois utilisés comme bêtes de somme dans les champs arides et tiraient les charrues en bois. Ces animaux venus d’Afrique étaient également très appréciés sur l’île parce que le sol volcanique y est souvent mou et parce que les dromadaires n’avaient aucun problème dans les champs en tant que callosités. Mais aujourd’hui, on ne voit les “bateaux du désert” que là où ils se déplacent lors d’excursions avec des vacanciers. Les chevauchées sur la plage de La Lajita sont un plaisir bancal et quelque peu aventureux.

Sur “Fuerte”, l’air a un goût de sel.

Les âmes sensibles ne sont pas les seules à le sentir très vite après leur arrivée à Fuerteventura : ici, l’air a un goût de sel et lorsque le vent chaud tire sur la coiffure, il n’y a aucun doute : on est arrivé sur une île inhabituelle. Mais il ne faut pas se laisser tromper par le premier regard, car cette île des Canaries n’est pas du tout hostile ou inhospitalière.

Certes, dans certaines régions, il n’y a pratiquement rien où le regard puisse trouver un point d’arrêt jusqu’à l’horizon, mais la monotonie trouve ici aussi son terminus : partout où, après le vide, se dressent quelques palmiers verts et où, dans les petits villages, se trouvent des hôtels agréables et des restaurants accueillants. Ici, l’homme a mis un terme à la menace d’apocalypse et a offert à l’œil la couleur “verte”.

Le matin, les dunes sont comme fraîchement séchées au foehn.

Mais Fuerteventura est avant tout une île de coureurs de plage. C’est la “reine du soleil” de l’archipel au large du continent africain. Avec un total de cinquante kilomètres de plages, il n’est pas étonnant que de nombreux amateurs de soleil aient choisi cette île comme l’une de leurs destinations préférées.

Le sable y est fin. Parfois, il est noir comme du charbon, comme les coulées de lave des volcans. D’autres fois, il est jaune doré. Lorsqu’il y a plus qu’une légère brise, de nombreuses parties de la plage ont l’air, le matin, d’avoir été ratissées pendant la nuit par de nombreux travailleurs acharnés. Et derrière les dunes fraîchement frisées, la mer attire avec ses eaux transparentes. Les familles avec leurs enfants y trouvent également leur eldorado pour la baignade, car la plage descend presque partout en pente douce vers la mer.

Mystère autour de la signification du nom de l’île

Il existe de nombreuses tentatives d’explication sur la signification du nom “Fuerteventura”. Le fait est qu’en espagnol, “Fuerte” signifie “fort”. Pendant longtemps, les linguistes ont soutenu la thèse selon laquelle seul le vent fort qui souffle sur l’île pouvait expliquer ce nom. Or, sur d’anciennes cartes maritimes datant du 14e siècle, il était question de Forte Ventura. Certains chercheurs ont répandu l’idée que ce sont les Guanches qui ont donné ce nom à leur patrie. Mais l’origine de Fuerteventura n’a pas encore été définitivement établie.

La vue magnifique sur le ciel nocturne

Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les amateurs de soleil qui se rendent à Fuerteventura, mais aussi les amateurs d’étoiles. Pour cela, on n’a pas besoin, comme sur le Roque de los Muchachos à La Palma, de gigantesques observatoires. Sur cette île, on se contente d’une simple cabane. Elle se trouve au belvédère Morro Velosa, non loin de la ville de Betancuria, et offre une vue exceptionnelle sur le ciel nocturne depuis le mont Tegú. L’UNESCO a même désigné cet endroit comme “réserve de lumière”.

Parmi les quelque deux millions de touristes qui arrivent chaque année à l’aéroport, il y a toujours des astronomes amateurs qui ne manquent pas de venir guetter les étoiles à 28 degrés au nord de l’équateur. Mais certains gérants d’hôtel ont également fait installer des télescopes sur les toits de leurs établissements ou proposent à leurs clients des excursions nocturnes.

Cueva del Llano – un regard dans le monde souterrain

Outre la contemplation des étoiles, Fuerteventura fait également la promotion d’excursions dans le monde souterrain. La Cueva del Llano est une grotte créée par une coulée de lave à proximité de la localité de Lajares. L’île a toujours su qu’elle était appréciée à la fois par les géologues et les écologistes, mais l’armée espagnole a longtemps fait obstacle à son utilisation touristique. En effet, la grotte a été détournée pour servir de dépôt d’explosifs.

Le tube de lave a une longueur d’environ 650 mètres et a apparemment été habité il y a plusieurs centaines d’années, car les archéologues y ont trouvé des traces des Majoreros, qui vivaient là bien avant la naissance du Christ, ont développé leur propre culture et n’ont été anéantis que sous le règne de la couronne de Castille.

La Vierge des rochers dans la “Vallée des palmiers

L’un des buts intéressants d’une excursion à l’intérieur des terres depuis les plages de Fuerteventura est la découverte de la nature dans le Barranco de la Pena. La “vallée des palmiers” est la plus riche en eau de l’île, par ailleurs plutôt sèche. Les agriculteurs y ont laborieusement aménagé des terrasses sur lesquelles poussent désormais des pommes de terre et de nombreuses variétés de légumes.

Un petit ruisseau est à l’origine de toute vie. Une belle randonnée touche le petit village de Vega de Rio Palmas avec la vierge des rochers dans l’église de pèlerinage Nuestra Senora de la Pena. Chaque troisième week-end de septembre, une procession y est organisée, au cours de laquelle la statue de la vierge est portée de l’église à une chapelle.

Les promenades sur la plage font oublier le temps et l’espace.

Le cliché des plages bondées fait doucement sourire à Fuerteventura. Ceux qui recherchent la solitude sur cette île des Canaries la trouveront entre les hautes dunes et l’océan Atlantique. Certaines parties de la plage ne sont certes accessibles que par des chemins cahoteux, mais presque tous les détours depuis les routes principales valent la peine.

La mer ne dépasse jamais les 17 degrés toute l’année, et celui qui se promène sur la vaste Playa de Corrajejo oublie le temps et l’espace. Ce n’est pas le monde de la fête foraine mais celui des romantiques. C’est surtout dans le sud de Fuerteventura que l’on cherchera en vain une vie nocturne agitée. Les lieux touristiques un peu plus animés se trouvent tous, sans exception, à proximité de l’aéroport, au nord de la capitale Puerto del Rosario.

Jean de Bethencourt – souverain des Canaries

Betancuria est régulièrement vanté comme le plus bel endroit de l’île. Situé au centre géographique de Fuerteventura, il porte le nom du conquérant normand Jean de Bethencourt, qui a fondé ce lieu en 1405. Ce noble français avait été déclaré souverain des îles Canaries par le roi de Castille, Henri III. L’imposante cathédrale Santa Maria de Betancuria a été détruite à plusieurs reprises – notamment par des pirates – mais toujours reconstruite.

Aujourd’hui, elle se présente dans un style gothique normand et dispose d’une gorge souterraine qui relie la maison de Dieu à un ravin. Au fil du temps, de nombreux habitants ont quitté le lieu, qui est aujourd’hui une sorte de musée à ciel ouvert. Dans cette région montagneuse centrale de l’île, les précipitations sont plus fréquentes.

La plus grande école de planche à voile du monde

Les meilleurs surfeurs du monde se donnent de temps en temps rendez-vous à Fuerteventura. Il s’agit d’un hotspot pour ce type de sport nautique, car le vent qui y règne en permanence offre aux surfeurs d’excellentes conditions. C’est notamment le cas à Sotavento, sur la côte sud, où les kitesurfeurs se retrouvent également. En 1984, le Suisse René Egli a ouvert une école de planche à voile sur la Playa Barca, devant l'”Hôtel Sol Gorrones”. Il a commencé avec vingt planches et gère aujourd’hui la plus grande école de surf du monde. Les sections de Flag Beach et de Glass Beach au nord près de Corralecho sont également très appréciées pour le surf, car le vent y souffle presque toujours “sideonshore”.

Cofete – où toutes les routes se terminent à “Fuerte”.

L’un des lieux de retraite les plus extrêmes de Fuerteventura se trouve à la pointe sud-ouest, balayée par les vents. À Cofete, outre le grondement des vagues et le hurlement du vent, il n’y a que de nombreuses chèvres et exactement quinze habitants. Il n’y a pas de boutiques et seulement un petit restaurant. Ici, les rares personnes qui ont choisi de vivre dans cet endroit isolé sont seules avec elles-mêmes et avec la mer.

A moins qu’un vacancier ne s’égare effectivement dans cette région. C’est là que s’arrêtent toutes les liaisons par GPS et, depuis 1960, Cofete ne figure sur aucune carte officielle. Pourtant, il y a quelque temps, le village a reçu quelques lampadaires, ce qui a beaucoup étonné les habitants. Tout cela aussi fait la magie de cet îlot inhabituel.

Au bout du monde – Cofete et la solitude

Sur les tables en bois du restaurant de Cofete, quelques habitants dégustent leur soupe de poisson à la cuillère ou étudient les petits papiers au comptoir sur lesquels sont inscrits les propos des vacanciers qui ont réussi à arriver jusqu’ici. Le menu un peu défraîchi indique qu’on y trouve aussi de la viande de chèvre. Quelques mètres plus loin, sur la plage, des tortues sont parfois relâchées dans la nature depuis la station d’élevage de Morro Jable.

En discutant avec les quelques habitants de ce village isolé, on a l’impression que tout le monde s’y sent bien. Peut-être aussi parce qu’ils sont convaincus de vivre dans un endroit qui est comme les autres endroits aimeraient être : Plein de magie et de romantisme urbain.